Prothèses/appareillages

LES AIDES AUDITIVES

Depuis le cornet acoustique du professeur Tournesol, les technologies ont largement évolué. Aujourd’hui, les aides auditives ne se contentent plus d’amplifier le son. Elles sont capables de faire le tri et le réglage des sons. Véritables « mini-ordinateurs », les nouvelles aides auditives, apparues depuis trois ans sur le marché, sont devenues beaucoup plus fiables et performantes. De plus, leur taille a diminué considérablement.
Lors du choix de l’aide auditive, plusieurs paramètres sont pris en compte : les caractéristiques de la surdité, l’esthétique et la psychologie du patient. L’appareil, ainsi adapté, se doit de répondre à trois principes : miniaturisation, économie d’énergie et efficacité.

Contours-conventionnels

1.    Contours d’oreille : des aides auditives visibles, mais fiables.
Les contours d’oreille sont la solution la plus courante (60% des aides auditives). D’une grande fiabilité aujourd’hui, ils se placent derrière le pavillon de l’oreille.
Reliés à un embout, grâce à un tube de quelques centimètres, ils conviennent aux malentendants atteints de surdités légères comme aux surdités profondes.

Les contours d’oreilles sont de plus en plus miniaturisés et les plus récents bénéficient de la technologie numérique.
Leur volume leur permet d’avoir une bobine d’induction compatible avec leur boucle magnétique.

2.    Intra-auriculaires: miniature et discrétion.
La honte de porter un appareil auditif conduit à considérer comme souhaitable que celui-ci soit invisible.
Les fabricants ont donc mis au point des appareils d’une grande discrétion, même s’ils peuvent avoir les mêmes performances et les mêmes réglages que les contours d’oreilles.

Les intra-auriculaires se logent directement dans le creux de l’oreille (35% du marché). Après une prise d’empreinte, la coque (renfermant les composants électroniques) est fabriquée sur mesure. Ils peuvent être de deux sortes :

intra conduitL’intra-conduit se place à l’intérieur du conduit auditif. Il permet de corriger des surdités faibles et moyennes. Ses capacités sonores sont excellentes, mais sa miniaturisation le rend fragile et délicat à régler.

Intra-coqueL’intra-conque se pose dans la conque du pavillon de l’oreille. Il est préconisé dans les cas de surdités moyennes et sévères. D’une technologie similaire à celle des contours d’oreilles, il présente l’avantage d’être plus discret de par sa position au creux de l’oreille. Certains modèles se passent de bouton de mise en marche, celle-ci étant alors automatique au contact de la peau.

LES AIDES AUDITIVES NUMERIQUES

L’avancée technologique majeure de la dernière décennie est incontestablement l’arrivée du numérique va supplanter peu à peu la génération analogique. En quelques années, les progrès technologiques (informatique et miniaturisation) ont permis de mettre au jour des matériels extrêmement performants. Les premières aides auditives numériques sont apparues en 1996.

COMMENT CA MARCHE ?
La technologie du numérique peut, selon les cas de surdité, s’appliquer aux contours d’oreille, ou aux appareils à glisser dans le conduit auditif. Le principe est le suivant : le son, capté par le micro, arrive vers un décodeur analogique digital, où il est numérisé. En numérique, l’analyse, le découpage du son et son traitement se font dans un délai inférieur à celui mis par le système nerveux pour l’analyser. L’appareil numérique mesure, plusieurs milliers de fois par seconde, l’intensité d’un son. L’adaptation à l’environnement est immédiate. Les manipulations sonores peuvent être réalisées avec précision en quelques millionièmes de secondes (l’appareil analogique demande 4 millisecondes pour diminuer le son et 100 ms pour revenir à l’intensité sonore initiale).

QUELS AVANTAGES?
Les nouveaux appareils numériques apportent plus de confort que leurs homologues analogiques. L’utilisateur peut programmer l’amplification selon des canaux fréquentiels. Ils amortissent les bruits forts ou brusques, modulent l’amplification des différences de la voix, s’adaptent plus rapidement d’une voix à une autre, distinguent mieux les syllabes les unes des autres. En réduisant et en filtrant les bruits de fond, les appareils numériques apportent une meilleure compréhension dans une ambiance de bruit. De plus, on peut opter pour une captation directionnelle, c’est-à-dire atténuer les bruits venant de tous les côtés pour privilégier le message venant de l’interlocuteur.
Cependant, les appareils numériques ne conviennent qu’aux sujets atteints de malentendance légère, moyenne ou sévère (n’excédant en général pas 80% de perte).

LES IMPLANTS BAHA

L’aide auditive à ancrage osseux BAHA (de l’anglais Bone Anchored Hearing Aid) appelée aussi prothèse auditive ostéo-intégrée est posée en France, avec l’implant percutané, depuis 1987.
Le principe de ce type d’aide auditive à conduction osseuse consiste en une capture, un traitement et une amplification du signal sonore par une prothèse auditive externe.
Le signal sonore est transformé en vibrations par cette prothèse auditive externe pour une transmission par conduction osseuse à la cochlée ipsilatérale (du côté de l’implant) ou controlatérale (du côté opposé à l’oreille déficiente/ sourde).
Ainsi, au lieu de transmettre les sons par voie aérienne comme cela est le cas avec des appareils traditionnels (« contour », « intra »), ce système transmet les sons par l’intermédiaire de l’implant à l’os temporal, puis par voie osseuse aux oreilles internes (cochlées).

Ce système se compose de 2 parties :

1 – un implant qui se pose chirurgicalement sous anesthésie locale ou générale.
Actuellement il existe deux types d’implant.
L’implant percutané, classique et de référence, ou encore pilier percutané sur lequel est fixé la 2e partie, le processeur de son.
L’implant sous-cutané aimanté est complètement inséré sous le cuir chevelu (technique plus récente).

2 - Un processeur de sons externe, adapté à l’implant, qui se clippe facilement sur le pilier percutané ou qui est fixé sur une plaque d’appui aimantée via un vibrateur, maintenue par attraction magnétique au crâne grâce à l’implant aimanté.

Pour des informations très complètes, rendez vous sur le site : www.infobaha.fr

LES IMPLANTS COCHLEAIRES

L’implant cochléaire est une prothèse auditive particulière destinée aux sourds profonds ou aux sourds totaux, qui ne tirent plus de bénéfice d’un appareillage auditif conventionnel, même surpuissant.
Un implant cochléaire est composé de 3 parties :

  • Un contour d’oreille muni d’un microphone et une antenne émettrice porteuse d’un aimant.
  • Un boîtier comprenant un processeur vocal, qui sera chargé de traiter les informations sonores transmises par le microphone.
  • Un récepteur interne placé sous la peau derrière le pavillon de l’oreille. Ce récepteur interne est composé d’une antenne réceptrice et d’un porte-électrodes (8 à 22 électrodes en fonction des modèles). Ce porte-électrodes est placé dans l’oreille interne (la cochlée).

Principe de fonctionnement :
Les informations sonores transmises par le microphone sont traitées par le processeur vocal à l’aide de différentes stratégies adaptées au cas particulier de chacun. Il en résulte un signal électrique complexe, qui sera transmis au récepteur interne par l’intermédiaire des antennes émettrices et réceptrices. Ces signaux sont ensuite acheminés jusqu’à l’oreille interne où, grâce aux différentes micro-électrodes, ils vont directement stimuler le nerf auditif.
Il est très important de comprendre qu’un implant cochléaire ne restitue en aucun cas une audition normale. Il s’agit d’une prothèse auditive et la personne sourde qui en bénéficie reste sourde !

A qui est destiné l’implant cochléaire ?
Avant tout, la prothèse cochléaire est destinée aux personnes sourdes, qui ne tirent plus de bénéfice d’un appareillage auditif même surpuissant. Dans les autres cas, une prothèse auditive conventionnelle restera plus performante.

Chez l’enfant, il s’agit donc de sourds profonds congénitaux bilatéraux chez qui, après une période d’essai d’au moins plusieurs mois, il s’avère qu’aucun appareillage auditif n’apporte de bénéfice. L’âge idéal pour la mise en place de cet implant est en permanente discussion, mais il semble clair que le plus tôt est le mieux, si les conditions médicales (notamment radiologiques) sont satisfaisantes.
Il n’y a pas d’âge limite pour ce type de prothèse, mais l’on sait que chez les grands adolescents et les adultes sourds congénitaux, les résultats sont très décevants. Ceci est dû à la perte de la capacité d’adaptation du système nerveux central qui survient avec l’âge.

Chez les adultes, l’implant cochléaire est plutôt destiné aux personnes devenues sourdes suite à une maladie ou un accident. Dans ce cas, la zone cérébrale dédiée à l’audition est bien fonctionnelle, et capable d’analyser les informations transmises par l’implant, via le nerf auditif. Ici, bien sûr, il n’y a pas d’âge limite.

Mise en place d’un implant cochléaire :
Avant toute décision, il est indispensable de réaliser un bilan radiologique complet
composé d’un scanner et d’une résonance magnétique nucléaire centrée sur les rochers, afin de s’assurer de la possibilité de mettre en place le porte-électrodes dans la cochlée (oreille interne). Chez les petits enfants, ce bilan radiologique nécessite une courte anesthésie. L’intervention est réalisée sous anesthésie générale, et dure généralement de 3 à 4 heures. Elle consiste tout d’abord à réaliser, dans la mastoïde (os derrière l’oreille), une logette pour accueillir le récepteur interne. Ensuite, un orifice est réalisé dans la cochlée qui permet d’y insérer le porte-électrodes. Au cours de l’intervention, des mesures de contrôle sont réalisées afin de vérifier le bon fonctionnement de l’implant. Quatre jours après l’opération, le patient opéré est autorisé à sortir de l’hôpital.

Réglages de l’implant et rééducation :
Environ trois semaines après l’opération (temps nécessaire à la cicatrisation), les réglages de l’implant cochléaire peuvent être entamés. Ces séances de réglage ne sont pas fondamentalement différentes de celles d’un réglage de prothèse classique : elles consistent tout d’abord à préciser les niveaux auditifs de perception d’un son ainsi que les niveaux d’inconfort. Ensuite, différentes stratégies de traitement du signal sonore sont essayées, afin d’identifier celle qui est la mieux adaptée à la personne porteuse d’un implant cochléaire.
En même temps, une rééducation logopédique (technique de correction de la prononciation) est indispensable, comme dans tout appareillage auditif, et particulièrement pour l’enfant. La durée de cette rééducation est de 1 à 2 ans chez les adultes. Chez les enfants, elle doit être poursuivie classiquement pendant plusieurs années.

Ré-intervention :
Bien que les implants cochléaires soient d’une très grande fiabilité (risques de panne inférieurs à 0,5% !), il est parfois nécessaire de ré-opérer afin de remplacer la partie interne, suite à une défectuosité. Ces ré-interventions ne posent aucun problème particulier et suivent la même procédure que la première intervention.