Acouphènes : 7 solutions pour ne plus les entendre

9 août 2016

1 Français sur 4 a ou aurait eu des acouphènes. Suite à un traumatisme sonore, à une poussée de tension, de diabète ou encore une otite, on se met à entendre un sifflement ou un bourdonnement, de manière occasionnelle ou permanente. Les solutions pour en finir avec ce bruit gênant.

Ecouter du bruit blanc pour tromper le cerveau

Un acouphène peut passer de lui-même au bout de quelques jours ou quelques semaines. Lorsqu’il s’installe, c’est qu’il a été « mémorisé » par le cerveau : « Il s’agit alors d’un son lié à un traumatisme (maladie ou traumatisme sonore) qui reste en mémoire alors que la cause a disparu », précise le Dr Lacher-Fougère. L’objectif est alors d’amener le cerveau à « oublier » ce bruit gênant et à le masquer. Pour cela, on mélange ou couvre l’acouphène par un bruit qui n’est pas perçu comme désagréable et que le cerveau est capable de filtrer.

En pratique : le masquage sonore peut par exemple se faire en écoutant une liste de musiques (de préférence toujours la même) le soir au moment de dormir ou dès que l’acouphène est gênant. On peut aussi utiliser un son neutre type bruit de nature (eau, vent…) ou un « bruit blanc », quasi inaudible et proche de l’intensité sonore de l’acouphène (on trouve des CD de bruits blancs, par ex. sur stop-acouphènes.com). Il faut généralement écouter ces bruits à un volume faible, 3 à 4h par jour pendant au moins 6 mois. Si ça ne marche pas, un audioprothésiste peut aussi fournir un générateur de bruit blanc à porter derrière l’oreille (environ 500 € par oreille).

Des exercices de relaxations pour les oublier

L’acouphène est un cercle vicieux : plus on focalise son attention dessus parce qu’il nous gêne, plus il est mal vécu et plus on l’entend… Il faut essayer d’interrompre ce cercle infernal et les méthodes de relaxation, comme la sophrologie, peuvent aider.

Comment ça marche ? Un sophrologue peut par exemple montrer des exercices de relaxation dynamique (mouvements doux synchronisés au souffle) ou s’appuyer sur des images mentales (on visualise par exemple un endroit où l’on se sent particulièrement bien afin de s’y ressourcer lorsque l’acouphène nous dérange, par exemple le soir en se couchant). Il aide aussi à exprimer son ressenti et à travailler sur la gestion du stress et des émotions. 3 à 6 séances sont généralement nécessaires avant de pouvoir utiliser seul ces outils à la maison, au quotidien. (45 à 70 € selon la région, http://reseau-sophrologie-acouphenes.fr/)

Détendre les muscles des cervicales

Certains acouphènes, dits « somatosensoriels », sont liés à des tensions excessives au niveau de la face, du cou et des mâchoires. Des indices pour les reconnaître ? Ils surviennent généralement d’un seul côté, par intermittence (notamment lorsqu’on bouge la tête dans certaines positions) et s’accompagnent de maux de tête ou de douleurs cervicale.

Comment ça marche ? Via des pressions et des manipulations douces au niveau des cervicales et des mâchoires, un ostéopathe ou un chiropracteur peuvent débloquer les tensions près de l’oreille et aider à éliminer l’acouphène, au bout de 3 séances en moyenne (40 à 80€ selon la région et le praticien).

Attention, ce n’est efficace que si l’acouphène n’est lié qu’à ces tensions mécaniques et qu’un bilan ORL confirme qu’il n’y a pas d’autres causes comme une baisse de l’audition ou une maladie.

Trouver des parades pour se relaxer

Souvent, l’habituation à un acouphène se fait naturellement. Mais 10% environ des gens n’y parviennent pas et se retrouvent très gênés au quotidien, avec des problèmes d’anxiété, de sommeil, de fatigue… « L’objectif est alors d’apprendre à mieux gérer l’acouphène pour pouvoir l’ignorer et finir par l’oublier », explique le Dr Lacher-Fougère. Un soutien psychologique via une thérapie comportementale et cognitive (TCC) peut aider. Ce type de thérapie permet d’identifier les idées et automatismes qui entretiennent l’acouphène et de trouver des parades.

En pratique : les exercices proposés visent à changer les croyances concernant l’acouphène (par exemple « je peux trouver des parades » plutôt que « ça ne va aller qu’en empirant ») ou la façon de réagir lorsqu’il nous gêne (par exemple utiliser des méthodes de relaxation au lieu de fuir les endroits bruyants). Une étude auprès de 492 patients a été publiée en 2012 dans The Lancet : après 12 mois, les patients du groupe TCC présentaient une amélioration supérieure en matière de qualité de vie par rapport à ceux qui recevaient uniquement des soins standards. Il faut généralement compter 5 à 12 séances, auprès d’un psychologue, orthophoniste ou psychiatre formé aux TCC (www.aftcc.org), d’abord en individuel puis en groupe. De 50 à 100 €/séance en individuel, 30 à 50 € en groupe.

Essayer les vasodilatateurs pour les acouphènes récents

Lorsque les acouphènes sont récents (moins de 6 mois), le médecin peut dans un premier temps prescrire un traitement par vasodilatateur, quelle qu’en soit la cause. « En dilatant les vaisseaux sanguins, notamment ceux qui irriguent l’oreille, ces médicaments augmentent l’afflux de sang et aideraient ainsi les cellules auditives agressées à se réparer », explique le Dr Lacher-Fougère.

En pratique : le ginkgo biloba est une des molécules les plus prescrites. Il faut prendre ces médicaments 2 à 3 fois par jour pendant 1 à 2 mois (s’il n’y a pas d’effet au-delà, mieux vaut arrêter et essayer autre chose) mais ils ne sont plus remboursés. N’hésitez pas à demander conseil à votre pharmacien.

Un appareil auditif qui diminue les acouphènes

Si l’acouphène est associé à une perte d’audition, un appareil auditif qui amplifie les sons ambiants peut suffire à diminuer progressivement la gêne. Mais l’appareil doit être bien réglé (trop fort, il favorise la fatigue auditive donc l’acouphène), il est donc important d’ajuster le réglage au moins 3 fois par an chez l’audioprothésiste.

Mais aussi : si ça ne suffit pas, un générateur de sons peut être ajouté à l’appareil auditif (compter en moyenne 300 € de plus). L’audioprothésiste essaiera de trouver les sons qui se rapprochent le plus possible de l’acouphène : à la longue, l’oreille s’habitue à cette fréquence et le cerveau comprend qu’il ne doit plus prendre en compte ces sons, on finit par ne plus entendre l’acouphène.

Consulter sans attendre

Lorsqu’on se met à entendre des sifflements ou bruits gênants dans l’oreille, par exemple après un concert ou sans raison apparente, mieux vaut en parler tout de suite à son généraliste ou son ORL. « Si on les prend tôt, on arrive à faire disparaître les acouphènes dans la majorité des cas grâce à des médicaments ou des ambiances sonores douces. Mais il faut consulter rapidement, dès lors que l’acouphène ne passe pas tout seul au bout de 3 ou 4 jours », prévient le Dr Stéphane Lacher-Fougère, ORL à Bordeaux. En revanche, plus on attend avant de s’en occuper (par exemple si on laisse traîner plusieurs mois), plus l’acouphène devient compliqué à traiter car il est « mémorisé » par le cerveau.

L’idéal est de s’orienter vers une consultation acouphènes, au sein de laquelle tous ces professionnels travaillent ensemble. « Chacun apporte son savoir-faire : soutien psychologique, explication du fonctionnement de l’oreille, techniques de relaxation comme la sophrologie pour diminuer le stress, stratégies d’évitement du silence, conseils pour trouver le masquage sonore adéquat, etc… », précise le Dr Lacher-Fougère. Une trentaine d’équipes spécialisées existe à travers la France. Pour contacter la plus proche, consulter le site de l’Afrepa , qui en regroupe plusieurs.

Source : Medisite, Enquête JNA (Journée Nationale de l’audition)/ Ipsos Acouphènes et hyperacousie , 2014.