Article la Dépêche du midi

21 septembre 2015

Des implants électroniques pour les sourds profonds

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Autre secteur de pointe où se distingue le CHU de Toulouse : celui des implants cochléaires pour les personnes atteintes de surdité profonde et qui ne peuvent être appareillées avec une prothèse conventionnelle.

L’équipe du Pr. Bernard Fraysse, otologiste et otoneurochirurgien, a acquis une notoriété européenne dans le domaine de l’audition, où les techniques évoluent à toute vitesse.
Ces implants cochléaires se composent d’un processeur placé sous la peau du crâne et relié à 15 à 22 électrodes positionnées dans l’oreille interne tous les millimètres. Chacune d’entre elles envoie un signal qui dépend de la fréquence aiguë ou grave (voix d’homme ou de femme), et de l’intensité forte ou faible.

À l’extérieur du corps, se trouve un processeur, sorte de prothèse auditive, qui capte les sons et les envoie par radiofréquence vers l’électrode dédiée, laquelle, par «sélectivité», va à son tour stimuler la partie de nerf sensible à telle fréquence ou intensité. On comprend à la fois la complexité du système et toute sa précision. Si l’intervention chirurgicale ne dure qu’une à deux heures, la période de rééducation et de réhabilitation peut se révéler très longue pour habituer le cerveau à la nature des sons qui lui sont transmis et dont il doit retrouver la mémoire.
Mais le réapprentissage sera d’autant plus aisé que les patients ont déjà entendu ces sons et les ont conservés dans un bout de leur mémoire. La rééducation est plus longue bien sûr quand la surdité est déjà très ancienne ou congénitale.

Au final, la personne atteinte de surdité sévère peut réapprendre à téléphoner, à comprendre une conversation… Mais la qualité du son se révèle différente de celle obtenue naturellement, moins d’informations sonores étant transmises au cerveau.

J.-M.D.
implants
Source : La Dépêche du Midi , samedi 5 septembre 2015