Perte auditive : êtes-vous à risque ?

1 février 2015

Saviez-vous que certains médicaments, certaines maladies comme le diabète ou l’hypertension, ou encore certains métiers augmentent considérablement vos risques de perte auditive. Votre mode de vie vous met-il à l’abri, êtes-vous à risque ? Le point avec Médisite.

Diabète, cholestérol, hypertension entrainent des pertes auditives

Les infections et les inflammations des oreilles à répétition, survenant au cours de la vie, peuvent à terme causer une baisse de l’audition. C’est le cas des otites, qu’elles soient externes ou qu’elles touchent l’oreille moyenne.
D’autres troubles qui ne semblent pas avoir de rapport avec les oreilles peuvent aussi causer une perte auditive et des acouphènes. Les plus courants sont l’hypertension, le diabète (types 1 et 2), l’hypercholestérolémie, ou l’insuffisance rénale.

Quels sont les médicaments toxiques pour l’audition ?

Certains médicaments sont ototoxiques ou toxiques pour les oreilles. Ils abiment l’oreille interne ou le nerf auditif causant des acouphènes, des vertiges ou une perte auditive pouvant aller jusqu’à la surdité. L’atteinte peut être plus ou moins forte, définitive ou temporaire.

Quels sont les médicaments ototoxiques ?

  • Les antibiotiques de la famille des aminosides, s’ils sont pris à forte dose en perfusion, provoquent des vertiges car détruisent les cellules de l’oreille interne. Ex : streptomycine, néomycine, tobramycine…
  • Des anticancéreux (chimiothérapies). Ex : cisplatine, moutardes azotées, carboplatine…
  • Des diurétiques, dont l’effet est souvent réversible. Ex : furosémide, bumétanide…
  • Les antipaludéens. Ex : quinine, chloroquine, mefloquine…
  • Vous êtes plus à risque si vous prenez un de ces médicaments et que :

  • Vous avez plus de 45 ans.
  • Un membre de votre famille a subi une perte auditive à cause d’un médicament ototoxique.
  • Vous souffriez déjà de troubles auditifs avant le traitement.
  • Vous souffrez d’insuffisance rénale. Dans ce cas, l’élimination du médicament est moins efficace, son activité toxique est donc plus importante.
  • Attention : ne stoppez jamais votre traitement de votre propre chef. En cas de doute, demandez conseil à votre médecin.

    Les métiers qui rendent sourds

    Tous les travailleurs ne sont pas égaux devant le bruit et certains métiers sont plus à risque de perte auditive. « Une personne qui travaille sur des chantiers plusieurs heures par jour durant plusieurs années sera exposé aux bruits du marteau-piqueur, de machines, de la circulation », explique le Dr Patrick AÏDAN, chirurgien ORL. « Les travailleurs à risque doivent prendre soin de leurs oreilles, en portant un casque anti-bruits par exemple. » A 5 mètres, un marteau-piqueur produit environ 100 décibels. Une exposition fréquente et prolongée à ce niveau de bruit cause une nocivité significative et progressive pour l’audition (source : CIDB).
    La musique est une source de plaisir mais elle peut devenir un vrai danger pour les oreilles. Les professionnels du monde du spectacle sont particulièrement à risque : musiciens, techniciens au contact de musique amplifiée, employés de discothèques…
    Les personnes travaillant sur des chaînes de montage de certaines industries, notamment automobile et agroalimentaire peuvent aussi être exposées à des machines extrêmement bruyantes. C’est également le cas de certains exploitants agricoles et garagistes.
    Les machines ne sont pas les seules responsables de nuisance sonores, les enfants aussi ! Des études menées dans les pays d’Europe du Nord montrent que les personnes qui travaillent auprès des plus jeunes sont très exposées au bruit. Un éducateur de garderie sur quatre souffrirait de déficience auditive liée au bruit. Les professeurs d’éducation physique et les conducteurs d’autobus scolaire sont aussi très exposés.
    Encore plus surprenant, les dentistes seraient aussi à risque. Certaines fraises dentaires seraient si bruyantes qu’elles pourraient causer des troubles auditifs, si on en croit un article du journal The Academy of Dental Therapeutics and Stomatology.
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    Plus de 45 ans : gare à la presbyacousie

    Qu’est-ce que la presbyacousie ?
    La presbyacousie est un trouble auditif lié à l’âge dans la majorité des cas. L’audition baisse progressivement et de la même façon au niveau des deux oreilles.
    « Avec l’âge, le nombre de cellules nerveuses de l’oreille interne diminue. Cette perte auditive est irréversible. Au départ, la personne a l’impression de mal entendre lorsqu’il y a un bruit ambiant. La perte auditive se fait d’abord dans les fréquences aigües », explique le Dr Patrick AÏDAN, chirurgien ORL.

    Êtes-vous à risque ?

  • Vous avez plus de 45 ans? Dans la grande majorité des cas, la presbyacousie survient après cet âge. C’est le trouble sensoriel le plus fréquent à cette période de la vie.
  • Des membres de votre famille en souffrent ou en ont souffert ? La presbyacousie peut être héréditaire. L’hérédité peut accélérer la perte auditive, causer une hypersensibilité aux bruits ou à certaines substances toxiques pour les oreilles. Certaines familles sont touchées par une forme de presbyacousie qui peut survenir avant 45 ans.
  • L’exposition aux bruits, la prise de médicaments toxiques pour le système auditif (antipaludéens, chimiothérapies…) et certaines maladies survenues au cours de la vie peuvent aussi provoquer cette baisse de l’audition.
  • L’otospongiose, une maladie souvent féminine

    L’otospongiose est une maladie de l’os qui enveloppe l’oreille interne. « Il s’agit d’un blocage des osselets, le son est donc mal transmis de l’oreille externe à l’oreille interne », explique le Dr Patrick AÏDAN, chirurgien ORL. La maladie cause une perte auditive progressive, souvent au niveau des deux oreilles, qui peut aller jusqu’à la surdité. Elle est souvent accompagnée d’acouphènes.
    Etes-vous à risque ? L’otospongiose, aussi appelée otosclérose, est plutôt une maladie féminine. Elle est héréditaire et apparaît le plus souvent entre 20 et 40 ans.
    Plusieurs solutions existent pour ralentir ou corriger la perte : appareils auditifs, opérations chirurgicales, médicaments… L’intervention chirurgicale permet de rétablir une audition normale dans la plupart des cas.
    Quel est le seuil de décibel dangereux pour l’audition
    Les traumatismes auditifs perturbent l’audition et aggravent la presbyacousie. Ils entraînent des lésions de l’oreille interne, provoquant divers troubles auditifs dont des acouphènes. Ces troubles peuvent être temporaires ou définitifs.

    Etes-vous à risque ?

    « Les personnes qui sont exposées plusieurs heures par jour à une source de bruit de plus de 60 décibels, durant plusieurs années, peuvent voir leur appareil auditif se détériorer. Les personnes à risque qui doivent être très vigilantes sont celles qui travaillent dans un environnement bruyant, sur un chantier par exemple, ou qui écoutent leur baladeur très fort », explique le Dr Patrick AÏDAN, chirurgien ORL.
    A noter : un bruit dépassant les 120 décibels peut provoquer une lésion immédiate et définitive de l’oreille interne.

    Traumatismes crâniens : risques de surdité

    Des troubles auditifs peuvent survenir après un traumatisme crânien issu d’une chute, d’un accident de la route ou d’un coup.
    « Après un accident, le rocher peut se fracturer. Sur cet os du crâne repose tout l’appareil auditif. Sa fracture peut entrainer une surdité immédiate », explique le Dr Patrick AÏDAN, chirurgien ORL.
    Une opération chirurgicale peut être nécessaire pour « réparer » l’appareil auditif mais l’audition est rarement totalement rétablie.
    Neurinome de l’acoustique : il comprime le nerf vestibulaire
    Une tumeur bénigne appelée « neurinome de l’acoustique » peut se développer sur le nerf vestibulaire. « Peu à peu, elle comprime le nerf auditif, provoquant une baisse très progressive de l’audition. Elle peut aussi toucher le nerf facial et causer une paralysie sur la moitié du visage », note le Dr Patrick AÏDAN, chirurgien ORL.
    Qui est à risque? Le neurinome de l’acoustique peut apparaître à n’importe quel âge. Il n’est pas héréditaire, sauf dans le cas d’une maladie génétique rare (neurofibromatose).
    Cette tumeur peut être opérée. L’attitude thérapeutique dépend de l’analyse clinique du patient et de la taille de la tumeur.

    La surdité brusque et la surdité fluctuante

    La surdité brusque et la surdité fluctuante sont des atteintes auditives de perception dont les origines sont mal connues. La surdité brusque apparaît spontanément sur une ou deux oreilles. La perte auditive peut être plus ou moins importante. Souvent prise au départ pour un bouchon de cérumen, elle peut avoir pour cause une infection, un problème sanguin, un neurinome de l’acoustique…
    La surdité fluctuante peut être plus ou moins importante selon les moments. Elle est souvent prise pour une tumeur (neurinome) au départ. Ses causes, mal définies, peut être les prémices d’une maladie de Ménière. Cette maladie se traduit par une augmentation de la pression du liquide dans l’oreille interne et cause notamment une baisse de l’audition fluctuante, des vertiges et des nausées.
    Source : Medisite